La semaine dernière, sur un chantier de réhabilitation rue de Paris à Montreuil, le terrassement a mis au jour des limons argileux gris-vert sous une couche de remblais hétérogènes. L'architecte s'inquiétait de la portance, mais le vrai problème était ailleurs : la sensibilité au gel et le risque de retrait-gonflement. Avant toute chose, il fallait caractériser précisément la distribution des tailles de particules. Une analyse granulométrique par tamisage à sec et par voie humide, complétée par un essai au densimètre, a permis de trancher en 48 heures. À Montreuil, où les formations du Tertiaire (marnes et caillasses du Lutétien, argiles plastiques du Sparnacien) côtoient les alluvions anciennes de la Seine, cette courbe granulométrique devient la pièce maîtresse du dossier géotechnique. Sans elle, impossible de classer le sol selon le GTR ni d'anticiper son comportement hydrique. Nous avons systématisé ce double essai : tamisage de la fraction graveleuse et sableuse, puis sédimentométrie pour les limons et argiles, avec un rapport qui distingue clairement les classes dimensionnelles. Quand on intervient dans le centre-ville dense de Montreuil, avec ses ruelles étroites et ses fondations mitoyennes, chaque centimètre cube de sol compte. Nous combinons cela avec un essai au CPT lorsque la stratigraphie est trop irrégulière pour le carottage classique.
La granulométrie ne se contente pas de classer le sol : elle prédit son comportement à l'eau, au gel et sous charge.
