La première chose que l’on installe sur un chantier d’excavation à Montreuil, bien avant que les pelles mécaniques n’entament le terrain, c’est un réseau de cibles optiques et de tubes inclinométriques. On les fixe sur les ouvrages avoisinants, on les descend dans des forages verticaux en périphérie de la fouille, et on les relie à une station totale robotisée. Ce dispositif, c’est le cœur de la surveillance géotechnique des excavations : il mesure en continu les micro‑déplacements que le terrassement induit sur l’environnement immédiat. À Montreuil, avec ses 111 000 habitants et un bâti ancien souvent fondé sur des remblais hétérogènes, l’enjeu n’est pas théorique. On intervient régulièrement dans des secteurs comme le Bas‑Montreuil ou la Croix‑de‑Chavaux où les mitoyens en pierre calcaire supportent mal les décompressions brutales. Avant même le premier coup de godet, on réalise un relevé zéro des immeubles riverains et on installe des piézomètres pour suivre la nappe, car dans cette partie de la Seine‑Saint‑Denis, le calcaire de Saint‑Ouen affleurant peut masquer des circulations d’eau imprévisibles. La mission complète inclut aussi des inspections visuelles régulières des façades, parce qu’un désordre capillaire existant peut s’aggraver très vite sous l’effet des vibrations.
À Montreuil, le calcaire de Saint‑Ouen affleurant peut masquer des circulations d’eau imprévisibles qui faussent les prévisions de décompression.
